Entrée des artistes : Juste Shani, autrice, compositrice

SacemMag #117

« À l'adolescence, j'ai été attirée par le rap et ses artistes engagés avec une vraie plume. »

Photo Entrée des artistes : Juste Shani, autrice, compositrice - SacemMag #117
© Maxime Pignol

Titulaire d’un master en marketing, Juste Shani aurait pu choisir une vie de bureau, mais a finalement opté pour une carrière dans le rap, sur les conseils de sa mère. Un choix passionné, mais pas déraisonné.

Enchaîner les réunions à la place des concerts, manier les chiffres plutôt que les rimes, cela aurait dû être le quotidien de Juste Shani, dont l’ambition était simplement « de faire de bonnes études et d'avoir un bon métier ». Mais après un cursus en marketing à l'université Paris Dauphine-PSL, la jeune femme hésite. « J’ai eu le sentiment de ne pas avoir eu le temps d'explorer à fond mes passions, raconte-t-elle, notamment la musique. J’ai donc décidé de prendre une année sabbatique. »

Une passion pour la musique qui remonte à l’enfance. Aussi loin qu’elle se souvienne, elle a toujours résonné dans le domicile familial à Wissous, dans l’Essonne. « Mes parents écoutaient de la variété française, sénégalaise, du R'n'B… »
À l’adolescence, elle se tourne vers le rap, sensible « aux artistes engagés qui ont une plume », comme Youssoupha ou Keny Arkana. Elle écrit alors ses premiers textes, mais ne s’imagine pas encore une carrière. « À la limite, je m'imaginais plus une vie dans le foot. J’y jouais beaucoup. » Élève sérieuse, elle finit par opter pour les études, jusqu’à cette année de break pendant laquelle elle enchaîne les tremplins et entrevoit la possibilité d’une professionnalisation. « Mais je ne gagnais pas encore ma vie avec la musique, j’ai commencé à passer des entretiens d’embauche. C’est ma mère, ma première fan, qui m’a retenue : “Mais ça ne va pas, tu ne vas pas arrêter la musique !” »

Alors Juste Shani a continué, et ne regrette pas, même si les débuts ont été compliqués. « Je me suis cassé les dents avec des producteurs trop inexpérimentés, jusqu’à décider il y a 2 ans de devenir ma propre productrice. C’est un métier à part entière, mais j’ai essayé de m’appuyer sur mes connaissances en marketing. » Un choix décisif, qui lui permet désormais d’envisager un avenir pérenne dans la musique, car comme elle le chante sur « Brillance » : « La vie d'artiste, en vrai c'est la hess / On investit pour que cela cesse / Quand tombe la Sacem, c’est la fête. » 

 

 

Publié le 21 novembre 2025